Devoir de mémoire

29 novembre 1947 : Vote à l’ONU du plan de partage de la Palestine

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Publié le 29/11/2012
Plan de Partage de la Palestine 1947

Le 29 novembre 1947, l’Organisation des Nations unies (ONU) vote le plan de partage de la Palestine. Plus de la moitié du territoire arabe sera réduit, au profit de l’État israélien.

[Illustration : expansion de l’État israélien de 1947 à 1999]

Palestine, 1947, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Le pays, placé sous mandat britannique depuis une vingtaine d’années, connait un immigration massive de Juifs, tout juste rescapés de l’holocauste nazie.

Le retour vers « la Terre promise »

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, des milliers de Juifs prennent le chemin de l’URSS, premier libérateur des camps d’extermination, en direction du Birobijian, l’oblast autonome juif de Sibérie, créé par Staline en 1934.

Une majorité de Juifs d’Europe de l’Est choisissent quant à eux le retour vers « la Terre promise », Israël, encensée par les leaders sionistes, depuis près d’un demi siècle. Pourtant laïc, c’est par l’argument religieux que le Congrès sioniste mobilise les populations.

Tout au long de son mandat et selon les aléas de sa politique, le gouvernement britannique contribue soit à encourager, soit à ralentir cette immigration juive, qui débarque désormais par bateaux entiers en terre palestinienne.

La Grande-Bretagne contribue également à armer les colons et à désarmer les populations palestiniennes. Notamment depuis la Grande Révolte arabe de 1936-1938, menée par les Palestiniens contre l’autorité mandataire, ces derniers réclamant la création d’un État arabe indépendant.

Recours à l’ONU

Rapidement, la situation devient inextricable pour l’autorité britannique mandataire. La lutte entre Palestiniens et Juifs prend de l’ampleur. De plus, les attaques et les attentats sionistes se multiplient. À l’encontre de la population arabe, mais aussi contre les Britanniques.

Le 22 juillet 1946, l’hôtel King David à Jérusalemn, dans lequel est positionné l’état-major britannique, est la cible d‘un violent attentat, perpétré par l’organisation extrémiste juive, l’Irgoun. L’un des chefs de ce commando, Menahem Begin, deviendra plus tard Premier ministre d’Israël, avant d’être décoré du prix Nobel de la Paix, en 1978. Les membres de l’Irgoun, ont depuis donné naissance au Likoud, parti de la droite nationaliste israélienne, aujourd’hui au pouvoir avec Benyamin Netanyahou, Premier ministre israélien.

Tiraillée au milieu du conflit entre Juifs et Palestiniens, la puissance mandataire britannique décide de s’en remettre à l’Organisation des Nations unies (ONU), en février 1947, reconnaissant par là son incapacité à gérer le conflit entre les deux populations. Les Palestiniens revendiquent un État arabe indépendant. Les sionistes, eux, réclament un État juif en Palestine, sans restriction d’immigration.

Une « Commission spéciale des Nations unies sur la Palestine » (UNSCOP) est créée deux mois plus tard, puis dépêchée sur place. Avec pour mission de rapporter des recommandations de solutions à l’Assemblée générale de l’ONU de septembre 1947.

Adoption de la résolution 181

Un État mixte fût dans un premier temps proposé, mais l’idée sera vite abandonnée . La majorité des membres de l’UNSCOP propose un plan de partage de la Palestine entre un État juif et un État arabe. Ainsi qu’un statut international spécial pour les lieux saints, Jérusalem et Bethléem, déclarés villes internationales sous l’autorité administrative des Nations unies.

La résolution aurait été votée un première fois à l’ONU en septembre 1947, mais rejetée car moins de deux-tiers des voix se seraient prononcées en faveur du projet.

Le 29 novembre 1947, le plan de partage de la Palestine en deux États distincts, recommandé sous la résolution 181, est finalement adopté, après deux mois de débats.

33 voix (dont les États-Unis et l’URSS) se prononcent pour, 13 voix s’y opposent, et 10 s’abstiennent (dont la Grande-Bretagne).

Un plan de partage contesté

Le plan de partage est aussitôt rejeté par le Haut Comité arabe, ainsi que par la Ligue arabe. Ces derniers faisant valoir que le plan violait les dispositions de la Charte des Nations unies, qui reconnaît à chaque peuple le droit de décider de son propre destin.

Les immigrés juifs, représentés par l’organisation sioniste l’Agence juive, l’acceptent. Ils manifestent tout de même leur insatisfaction quant aux limites territoriales imposées à l’État juif qui leur est proposé.

La résolution 181, votée par l’ONU, donne naissance à Israël, un État juif de 14 000 kilomètres carrés (comptant 558 000 Juifs et 405 000 Arabes). Côté arabe, la Palestine ne s’étend désormais plus que sur 11 500 kilomètres carrés (avec 10 000 Juifs et 804 000 Arabes). Et son statut d’État ne sera finalement pas reconnu par l’ONU. La zone internationale de Jérusalem et Bethléem compte, elle, 100 000 Juifs et 106 000 Arabes

Au final, ce plan de partage voté par L’ONU accorde aux sionistes 50% de territoires supplémentaires que ceux prévus initialement par le plan Peel de 1937.

Bien que minoritaires, les Juifs obtiennent plus de la moitié des terres. De plus, l’identité palestinienne n’est pas reconnue aux centaines de milliers d’Arabes vivant sous l’autorité du nouvel État d’Israël.

Al -Nakba

Le 30 novembre 1947, au lendemain de l’adoption du plan de partage par l’ONU, une guerre civile éclate entre communautés arabe et juive. Celle-ci s’achève le 15 mai 1948, jour où le mandat britannique prend fin et où les troupes quittent le territoire. S’en suit, le jour même de ce départ, la première guerre israélo-arabe, ainsi que la Nakba (« catastrophe »), l’exode de la population arabe palestinienne.

 

Lire le « Devoir de mémoire » de décembre =>
11 décembre 1977 :
Décès de Saïda Menebhi, la « martyre du peuple marocain ».

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À lire :

« Palestine, mais où va-t-on ? », sur Palestine1967.voila.net.
« 1948 : la Palestine des archives aux cartes », sur Blog.mondediplo.net
« Brèves histoire de l’Israël, la Palestine, et le conflit », sur Mideastweb.org.
« Israël et Palestine », sur Pause.pquebec.com.
« Le conflit isarélo-palestinien », sur Ubiqwity.com

 

3 Commentaires

  1. Pingback: 11 décembre 1977: Saïda Menebhi décède en martyre marocaine

  2. Wanthy

    31 janvier 2013 à 15 h 13 min

    Yes les Occidentaux sont des gens e0 qui on fait avaler des coevruleus.Les journalistes ne montrent ce que qu’on leur demande de montrer au monde. Quelle belle fumisterie……….Gaza n’est pas simplement l’enfer qu’on veut bien imposer, mais bien une ville of9 il fait, semble-t-il bon vivre, alors que veut-on exactement ????Montrer du doigt l’e9tat d’Israebl qui tuent ces pauvres gens, ce sont aux Palestiniens de se prendre en charge et exiger de son e9tat de vivre de9cemment comme tout le monde ou comme le montre ces belles photos.

  3. relaix

    17 janvier 2015 à 18 h 33 min

    POURQUOI L’ONU DEPUIS 1947 NE FAIT PAS RESPECTER LE PARTAGE DE LA PALESTINE IL Y AURAIS MOINS DE TERRORISME ET DE GUERRE

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