Lamine Souané : « Sénégal. Histoire d’une démocratie confisquée »

Par
Publié le 5/12/2012
"Sénégal. Histoire d'une démocratie confisquée"

2. Institutions politiques et société sénégalaise.

 

Chose intéressante dans votre livre, vous n’incriminez pas que les hommes politiques de la possible dégradation de la démocratie sénégalaise. Vous dénoncez également le rôle, apparemment passif, des acteurs sociaux, comme la presse ou la justice. Pouvez-vous expliquer ?

Concernant la presse, elle assume, dans l’ensemble, son rôle de vigie démocratique. Même si certains journalistes sont quelquefois manipulés par les hommes politiques.

La justice, elle aussi, essaie tant bien que mal de tenir son rang de contre-pouvoir. Même si elle semble être sous les ordres de l’exécutif.

 

Et qu’en est-il des citoyens ?

Les citoyens sénégalais, en revanche, sont de plus en plus engagés et dynamiques. Ils n’hésitent plus à mener des actions citoyennes pour se faire entendre.

Comme la plupart des jeunes à l’échelle de la planète, les jeunes Sénégalais ont acquis cette culture de l’indignation pour se faire entendre et imposer leurs exigences démocratiques.

 

Vous parlez de « servitude volontaire » de la part des députés face au gouvernement. Vous écrivez à ce sujet : « L’Assemblée nationale apparaît comme une simple chambre d’enregistrement des décisions de l’exécutif. Les députés du parti au pouvoir sont perçus comme des “marionnettes” du président de la République et de l’exécutif. »

Ce n’est pourtant pas un trait spécifique au Sénégal. En France, par exemple, rarement un élu du même parti que le gouvernement s’opposera à ce dernier à l’Assemblée…

C’est vrai. Mais je milite pour que notre démocratie soit beaucoup plus performante que celle de la France. Pour que nos députés sortent de leur torpeur et assument efficacement leur fonction de contrôle de l’activité du gouvernement. Un doux rêve, peut-être ?

 

Pareil pour la presse. Vous dénoncez le traitement binaire de la politique par les médias (Wade/Idy, Niasse/Tanor…). Encore une fois, ce n’est peut-être pas exclusif au Sénégal. En France, les commentateurs politiques résument bien souvent l’opposition à : PS/UMP.

Je reconnais que ce genre de traitement médiatique existe dans beaucoup de pays. Et cela est regrettable. La presse se focalise beaucoup plus sur les rivalités et les querelles de positionnement politique.

Et il est déplorable qu’au Sénégal, on n’arrive pas à avoir un véritable débat de fond entre les principaux leaders. Nous n’avons jamais eu de débats, par exemple, entre Niasse et Tanor. Alors que c’est à cause de Tanor que Niasse a quitté le Parti socialiste sénégalais pour créer son propre parti, l’Alliance des forces du progrès (AFP).

La presse ne nous rapporte que leurs rivalités, sans créer une confrontation d’idées entre ces deux personnalités, qui ont chacun une vocation présidentielle. C’est un exemple parmi tant d’autres.

 

Vous écriviez que le Sénat « fait partie des institutions obsolètes et dépassées du Sénégal ». En septembre dernier justement, il a été supprimé. Visionnaire, ou c’était déjà en discussion ?

L’inutilité du Sénat était unanimement reconnue par la plupart des Sénégalais. D’’ailleurs, la suppression de cette institution est inscrite dans la plupart des programmes des partis politiques de l’opposition.

Dans son programme, Macky Sall, l’actuel président de la République, souhaitait, lui, le maintien du Sénat. Mais, arrivé au pouvoir, il l’a finalement suspendu. Parce-qu’il s’est rendu compte que les Sénégalais sont farouchement opposés à son maintien.

Alors certes, quand j’écrivais que le Sénat était inutile et obsolète et qu’il fallait le supprimer, il était bel et bien ancré dans l’architecture institutionnel. Mais je n’ai fait, finalement, que relater un souhait général. Et je l’ai accompagné d’une analyse du fonctionnement du Sénat et des comportements des sénateurs pour réclamer sans ambages sa suppression. L’actualité politique et le déroulement des faits ont juste corroboré ma position.

 

(Suite, page 3)

Pages : 1 2 3 4 5 6

Un Commentaire

  1. basery

    18 octobre 2013 à 13 h 14 min

    laine, t’a une vsin un eu étriquée de la déocratiqie, fais un détour sur l’histoire et la sociologie our corendre tute démocratiqe trouve sa quintessebnce dans ses deux pôles

Poster un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>